Le terme MAO désigne la Musique Assistée par Ordinateur.

Il s’agit de l’ensemble des techniques et des outils numériques permettant de composer, enregistrer, éditer, arranger, mixer et produire de la musique à l’aide d’un ordinateur.

La MAO ne se limite pas à la musique électronique. Elle est présente dans pratiquement tous les domaines de la production musicale : rock, pop, rap, chanson, musique de film, musique classique, publicité, création sonore ou encore podcast.

Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer en voyant certains studios remplis d’écrans, de claviers et de machines, il n’est pas nécessaire de dépenser une fortune pour commencer.

LE CŒUR DE LA MAO : LE STUDIO VIRTUEL

Au centre d’une installation MAO se trouve généralement un DAW (Digital Audio Workstation), que l’on peut traduire par station de travail audionumérique.

C’est le logiciel dans lequel on construit son morceau.

Il permet notamment d’enregistrer des pistes audio, de programmer des instruments, de découper et déplacer des éléments, de corriger certaines erreurs, d’ajouter des effets, de mixer les différentes pistes et finalement de préparer le morceau terminé.

Cubase, Ableton Live, Logic Pro, Pro Tools, FL Studio ou Reaper sont quelques exemples connus, mais il existe également des solutions gratuites ou des versions simplifiées fournies avec certaines interfaces audio ou certains claviers.

Pour débuter, il n’est donc pas indispensable d’acheter immédiatement un logiciel professionnel coûteux.

LES VST : DES INSTRUMENTS ET DES EFFETS DANS L’ORDINATEUR

Le DAW peut accueillir des instruments et des effets logiciels.

On rencontre notamment les instruments virtuels, couramment appelés VSTi : synthétiseurs, pianos, orgues, batteries, boîtes à rythmes, échantillonneurs, instruments orchestraux...

Certains reproduisent des instruments existants. D’autres permettent de créer des sons qui n’existent que dans le domaine électronique.

À côté des instruments se trouvent les effets : égaliseurs, compresseurs, réverbérations, délais, distorsions et de nombreux autres traitements.

Une partie de ce travail nécessitait autrefois des machines physiques parfois extrêmement coûteuses. Aujourd’hui, une quantité impressionnante d’outils existe sous forme logicielle.

Et là encore, gratuit ne signifie pas nécessairement mauvais. Il existe d’excellents instruments et effets gratuits avec lesquels on peut parfaitement apprendre et déjà réaliser un véritable morceau.

ET SI JE VEUX ENREGISTRER UNE GUITARE, UNE VOIX OU UN VRAI INSTRUMENT ?

C’est là qu’intervient généralement l’interface audio.

Elle sert de liaison entre le monde extérieur et l’ordinateur. On peut y brancher, selon le modèle, un microphone, une guitare, une basse, un synthétiseur ou d’autres sources audio.

L’interface convertit le signal analogique en données numériques utilisables par le logiciel, puis effectue l’opération inverse pour permettre l’écoute.

Une fois l’enregistrement réalisé, le DAW permet de travailler de manière non destructive : on peut conserver la prise originale tout en réalisant des modifications, des traitements ou différentes versions du mixage.

La qualité du résultat dépend cependant toujours de l’ensemble de la chaîne : instrument, interprétation, microphone éventuel, acoustique de la pièce, préamplification, conversion et qualité de l’enregistrement.

L’ordinateur ne transforme pas automatiquement une mauvaise prise en bonne prise.

EST-CE QU’IL FAUT UN ORDINATEUR DE GUERRE ?

Non.

Pour découvrir la MAO, apprendre à utiliser un DAW, programmer quelques instruments virtuels et construire ses premiers morceaux, un ordinateur relativement modeste peut déjà permettre énormément de choses.

Un ordinateur d’occasion correctement équipé peut même constituer une excellente porte d’entrée.

Les besoins augmentent ensuite avec les projets. Une production utilisant des dizaines de pistes, de gros instruments orchestraux et de nombreux effets demandera évidemment davantage de mémoire et de puissance qu’un morceau comprenant quelques pistes audio et deux ou trois instruments virtuels.

Il vaut donc mieux commencer avec une machine correspondant à ses besoins réels plutôt que croire qu’il faut acheter immédiatement l’ordinateur le plus puissant du marché.

JE VEUX JUSTE COMPOSER DANS L’ORDINATEUR

C’est la configuration la plus simple.

Un ordinateur, un DAW et quelques instruments virtuels peuvent suffire.

On peut même commencer sans clavier musical et entrer les notes directement dans le logiciel. Ce n’est pas forcément la manière la plus agréable de jouer, mais c’est parfaitement possible pour découvrir la composition, le séquençage et l’arrangement.

Avec des logiciels et instruments gratuits, le coût supplémentaire peut être quasiment nul si l’on possède déjà l’ordinateur.

JE VEUX JOUER LES INSTRUMENTS VIRTUELS

Un petit clavier MIDI devient alors très pratique.

Il ne produit pas nécessairement de son lui-même. Il transmet à l’ordinateur les notes que l’on joue, et c’est l’instrument virtuel qui produit le son.

Pour commencer, un petit modèle de deux octaves peut déjà suffire et prend très peu de place sur un bureau.

Le MIDI permet également de transmettre d’autres informations : vélocité des notes, modulation, pédale, commandes de certains paramètres, etc.

On retrouve alors quelque chose de beaucoup plus proche du geste instrumental que lorsqu’on dessine les notes avec une souris.

JE VEUX ENREGISTRER MA VOIX OU MA GUITARE

Dans ce cas, il faudra généralement ajouter une interface audio et, pour une voix ou un instrument acoustique, un microphone adapté.

Pas besoin pour autant d’acheter immédiatement une interface possédant seize entrées si l’on enregistre seul.

Une petite interface avec une ou deux entrées peut parfaitement convenir à un musicien qui travaille chez lui.

C’est une règle assez saine en MAO :

acheter ce dont on a besoin, pas ce que les photographies de studios nous donnent envie de posséder.

ET POUR ÉCOUTER ?

On peut commencer avec un casque correct.

Des enceintes de monitoring deviennent intéressantes lorsqu’on veut travailler plus sérieusement le mixage, mais elles posent immédiatement une autre question : celle de la pièce dans laquelle on écoute.

Des enceintes coûteuses placées dans une mauvaise acoustique ne garantissent pas un bon mixage.

Le matériel compte. Apprendre à connaître son matériel compte encore davantage.

LA MAO PERMET-ELLE DE FAIRE DE LA MUSIQUE TOUT SEUL ?

Oui.

Une seule personne peut aujourd’hui composer une batterie, jouer une basse virtuelle, enregistrer une guitare réelle, ajouter un synthétiseur, chanter, arranger, mixer et produire un morceau complet dans son ordinateur.

Mais cela ne signifie pas que la MAO ait remplacé les groupes, les studios ou les musiciens.

Elle offre simplement une autre manière de travailler.

Elle permet également de préparer une maquette avant une répétition, d’échanger des idées entre musiciens, d’essayer un arrangement ou de conserver une idée avant de l’oublier.

ALORS, DE QUOI AI-JE RÉELLEMENT BESOIN POUR COMMENCER ?

Probablement de moins de choses que tu ne le crois.

Si tu possèdes déjà un ordinateur, commence avec un DAW accessible et quelques outils gratuits.

Si tu veux jouer : ajoute un petit clavier MIDI.

Si tu veux enregistrer : ajoute une interface audio correspondant au nombre de sources dont tu as réellement besoin.

Si tu travailles au casque : commence avec celui-ci avant de penser immédiatement à transformer ta chambre en studio professionnel.

Et surtout : apprends ce que tu possèdes avant d’acheter ce qui te manque.

Accumuler vingt synthétiseurs virtuels ne t’apprendra pas nécessairement davantage que d’en connaître parfaitement deux.

POURQUOI LA MAO A-T-ELLE CHANGÉ LA CRÉATION MUSICALE ?

Parce qu’elle a considérablement abaissé la barrière d’entrée.

Des outils autrefois réservés à des studios disposant de moyens importants sont désormais accessibles depuis un ordinateur personnel.

Elle permet d’expérimenter, de recommencer, de conserver différentes versions, de travailler seul ou à plusieurs et de découvrir progressivement les différentes étapes d’une production.

Mais l’outil ne compose pas à ta place.

Un DAW ne donne ni une mélodie, ni une idée, ni une personnalité musicale.

Un instrument virtuel ne décide pas de ce que tu veux raconter.

Et le meilleur ordinateur du monde ne remplacera jamais une bonne idée.

La MAO n’a pas remplacé les musiciens. Elle leur a donné de nouveaux outils.

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