Quand on parle d’enregistrement live, on pense facilement à un concert devant un public.
Ce n’est pas de cela qu’il s’agit ici.
Enregistrer un groupe en live, c’est d’abord le faire jouer ensemble.
Le batteur joue avec le bassiste. Le guitariste entend la batterie. Le chanteur réagit aux autres musiciens. Les regards circulent, les gestes aussi. Un morceau peut légèrement accélérer, respirer, se tendre puis retomber.
Bref, le groupe fait ce qu’il sait déjà faire : jouer comme un groupe.
Et c’est précisément ce que nous voulons enregistrer.
POURQUOI NE PAS ENREGISTRER TOUT LE MONDE SÉPARÉMENT ?
C’est parfaitement possible.
On peut enregistrer une batterie, puis ajouter la basse, les guitares, les claviers et enfin les voix. On peut recommencer une mesure, déplacer une note, remplacer une partie, corriger énormément de choses.
Cette manière de travailler a ses avantages et peut parfaitement convenir à certains projets.
Mais ce n’est pas la seule façon de faire un disque.
Lorsqu’un groupe répète depuis des mois dans le même local, quelque chose s’est construit entre ses membres. Chacun connaît les réactions des autres. Le batteur sait comment le bassiste va attaquer un passage. Le guitariste sent quand le chanteur va pousser davantage. Certains changements ne sont même plus annoncés : un regard suffit.
Tout cela fait partie de la musique.
Si nous séparons immédiatement les musiciens pour les enregistrer les uns après les autres, nous gagnons du contrôle.
Mais nous pouvons aussi perdre quelque chose.
Et ce quelque chose nous intéresse.
LE LOCAL DE RÉPÉTITION N’EST PAS UN PROBLÈME À ÉLIMINER
C’est même le principe du Studio Lambermont : nous venons jusqu’au groupe.
Nous ne demandons pas aux musiciens de débarquer dans un endroit qu’ils ne connaissent pas, de modifier toutes leurs habitudes et de retrouver instantanément le son qu’ils avaient dans leur local.
Le groupe conserve ses instruments, ses amplis, son matériel et ses repères.
Évidemment, enregistrer plusieurs musiciens simultanément demande de préparer les choses correctement.
On choisit les microphones, on réfléchit à leur placement, aux niveaux, à la disposition des instruments et à ce qui risque de passer d’un micro dans un autre.
Cette « fuite » entre les micros existe lorsqu’on enregistre plusieurs sources dans une même pièce. Le but n’est pas de la rechercher pour faire plus authentique. Le but est de la maîtriser suffisamment pour qu’elle ne devienne pas un problème.
Parce qu’il faut conserver une possibilité de travailler ensuite.
ENREGISTRER LIVE NE SIGNIFIE PAS TOUT ACCEPTER
Il y a une différence entre conserver l’énergie d’une interprétation et garder une mauvaise prise sous prétexte qu’elle serait « authentique ».
Si le guitariste se plante complètement, on recommence.
Si le chanteur rate son entrée, on recommence.
Si un micro pose problème, on le replace.
Si quelque chose ne fonctionne pas, on cherche pourquoi.
L’objectif n’est pas de transformer les défauts en qualités par un joli discours.
L’objectif est d’obtenir une bonne prise sans tuer ce qui fait vivre le groupe.
Et parfois, la meilleure prise n’est pas celle qui est mathématiquement la plus parfaite.
C’est celle où, à la fin du morceau, les musiciens se regardent et savent immédiatement :
« Celle-là. »
32 PISTES NE VEULENT PAS DIRE 32 MUSICIENS ISOLÉS
Enregistrer un groupe ensemble ne signifie pas enregistrer toute la pièce sur une seule piste et espérer que tout ira bien.
Le Studio Lambermont permet d’enregistrer jusqu’à 32 pistes.
Une batterie peut donc disposer de plusieurs microphones, la basse de sa propre piste, les guitares des leurs, les voix également.
Les musiciens jouent ensemble, mais les différentes sources restent suffisamment séparées pour permettre ensuite un véritable travail de mixage.
C’est là que la technique doit se mettre au service de la musique.
Pas l’inverse.
ET APRÈS LA PRISE ?
Une fois l’enregistrement terminé, notre travail continue.
Nous repartons avec les pistes et pouvons alors écouter autrement.
Pendant l’enregistrement, notre attention se porte sur le groupe, les niveaux, les microphones, les problèmes éventuels et surtout sur ce qui est en train de se passer musicalement.
Au mixage, nous pouvons entrer dans le détail.
Équilibrer les instruments. Nettoyer ce qui doit l’être. Travailler la dynamique. Donner de l’espace. Faire ressortir un élément. En calmer un autre. Vérifier que la voix trouve sa place sans écraser les guitares.
Mais nous gardons une ligne de conduite :
ne pas nettoyer au point d’effacer le groupe.
Nous ne voulons pas transformer quatre musiciens qui jouent ensemble en quatre pistes impeccables qui semblent n’avoir jamais été dans la même pièce.
NOTRE OBJECTIF N’EST PAS DE PRODUIRE DES CLONES ASEPTISÉS
Un jeune groupe possède parfois quelque chose qu’il ne sait pas encore expliquer.
Un son.
Une manière de jouer.
Une maladresse qui devient une particularité.
Une énergie.
Ce serait assez absurde de venir avec du matériel d’enregistrement pour commencer par lui retirer tout cela.
Notre rôle n’est pas de décider qu’un groupe doit soudain sonner comme un autre parce que cet autre groupe fonctionne.
Nous pouvons proposer, signaler un problème, suggérer une autre approche et apporter notre expérience.
Mais à la fin, c’est le nom du groupe qui sera écrit sur le morceau.
Il faut donc encore pouvoir le reconnaître.
POURQUOI FAIRE ÇA GRATUITEMENT ?
Parce que le premier obstacle d’un jeune groupe ne devrait pas toujours être son portefeuille.
Enregistrer correctement coûte de l’argent. Mixer coûte de l’argent. Masteriser coûte de l’argent. Réaliser des visuels, préparer une sortie ou simplement disposer d’un morceau suffisamment abouti pour le faire écouter peut rapidement devenir difficile lorsqu’on débute.
Chez KRT Production, nous avons choisi une autre manière de travailler avec les groupes que nous accompagnons.
Nous mettons à disposition notre temps, notre expérience et notre matériel sans leur présenter une facture à la fin de la journée.
Pas parce que ce travail ne vaut rien.
Précisément parce qu’il vaut quelque chose.
Nous savons ce que peut représenter, pour un jeune musicien, le fait que quelqu’un prenne son projet au sérieux.
KRT Production est né d’un parcours musical où, à certains moments, des personnes ont tendu la main.
Aujourd’hui, à notre tour de la tendre.
UN PREMIER ENREGISTREMENT PEUT CHANGER PLUS QU’ON NE LE CROIT
Le premier véritable enregistrement d’un groupe n’est pas seulement un fichier audio.
Pour la première fois, les musiciens peuvent s’écouter de l’extérieur.
Ils découvrent ce qui fonctionne réellement. Ils entendent aussi ce qui fonctionne moins bien.
Et surtout, ils disposent enfin de quelque chose qu’ils peuvent faire écouter.
À un organisateur de concerts. À une salle. À un autre musicien. À quelqu’un qui pourrait avoir envie de travailler avec eux.
Ou simplement à leurs proches en disant :
« Voilà. Ça, c’est nous. »
C’est peut-être le début de quelque chose.
Peut-être pas.
Mais au moins, ce jour-là, nous n’aurons pas enregistré ce que ce groupe était censé devenir.
Nous aurons enregistré ce qu’il était vraiment.
